En 1980, lors de l'exode de Mariel, les États-Unis de Jimmy Carter offrent l'asile politique et le rêve capitaliste américain aux immigrés opposants au communisme que Fidel Castro expulse de Cuba après les avoir dépouillés, mais il en profite également pour se débarrasser des prisonniers de droit commun, dont on estime qu'ils étaient 25 000 parmi les expulsés cubains.
Tony apprend vite le métier de mafioso de la drogue : il monte en grade et devient l'homme de confiance des fournisseurs et des acheteurs, des policiers véreux, des banquiers blanchisseurs d'argent etc. Il a les dents beaucoup plus longues que ses collègues et de la mégalomanie, de l'ambition et une intelligence plus perverses. Il prend pour adage : The World is Yours (Le monde est à toi). Mais plus il se montre ambitieux, plus la collaboration avec Frank est difficile car ce dernier prend ombrage des initiatives de Tony.
Drogué par sa propre cocaïne pour tenir le coup, détruit mentalement autant qu'intellectuellement, et socialement pris au piège du monde dangereux, glauque, pervers, immoral et sordide au sommet duquel il est arrivé, Tony montre néanmoins un côté humain quand il refuse de participer à un attentat à la voiture piégée visant un homme accompagné de sa femme et de ses deux enfants. L'homme en question s'apprêtait à prononcer devant l'ONU un discours virulent à l'encontre du crime organisé et de la corruption, visant particulièrement les amis boliviens de Tony qui avaient donc demandé à celui-ci de participer à son élimination. En refusant de prendre part à l'attentat et en assassinant le bras droit de Sosa, celui-ci signe son arrêt de mort et les commanditaires du meurtre lui déclarent une guerre qui se conclura par un bain de sang, dans sa vaste demeure, lors de la scène finale du film.
« J'ai des mains faites pour l'or et elles sont dans la merde ».